vendredi 14 décembre 2018

Historique de Rémire-Montjoly

 

Le toponyme de Rémire, autrefois Armire est d’origine amérindienne (Galibi) attestant par-là son passé précolombien. Les traces matérielles de cette ancienne présence amérindienne sont partout visibles sur le territoire de la commune.

En effet, nous pouvons retrouver des vestiges liés à l’industrie de l’outillage lithique (polissoirs, haches), à l’art rupestre (gravures) et aux nombreux tessons de poterie retrouvés un peu partout.

Site d’occupations coloniales sporadiques et mal documentées, entre la fin du 16ème siècle et le milieu du 17ème siècle, la fondation du bourg de Rémire remonte à octobre 1652. C’est l’œuvre de la compagnie des Seigneurs Associés venus ici avec le projet d’évangéliser les Amérindiens et de développer une colonie à partir de l’île de Cayenne. Une amorce de village avec une première église en son centre a été réalisée par les colons. Mais l’année suivante, beaucoup sont massacrés par les Amérindiens et les survivants abandonnent les lieux.

Le XVIIème siècle

La colonisation des terres

En 1656, des juifs hollandais fuyant les Portugais qui les avaient chassés de la région du Pernambouc au Brésil, débarquèrent à Rémire, déserté depuis trois ans par les Français. Ils y créent la première sucrerie jamais installée en Guyane, elle  possède un moulin hydraulique implanté à la hauteur du premier lac de Rémire. L’ancienne église devient synagogue et un fort en bois est construit à l’embouchure du ruisseau de Rémire.

Les français reprennent la Guyane aux Hollandais en 1664 et beaucoup de juifs abandonnent leurs terres pour aller vivre au Surinam.

Trois ans après, en 1667, les Anglais saccagent les habitations de Rémire. Après leur départ, les Français se réinstallent tant bien que mal. La sucrerie de Rémire, abandonnée par les juifs par le gouverneur de La Barre.

L’arrivée des Jésuites

Arrivés en Guyane en 1666, les jésuites reçoivent la charge de desservir la nouvelle paroisse de Rémire où ils créent l’habitation Loyola en 1668.

  • 1674 : Les jésuites fondent une sucrerie qui occupe près de 1000 hectares vers 1730. Outre la canne à sucre, l’habitation produit aussi du café du cacao, de l’indigo puis du coton. A son apogée, 500 esclaves vivaient à Loyola.
  • 1744 : le Grand savant de l’académie des sciences La Condamine séjourne à Loyola.          En 1762, Fusée Aublet y réside afin d’effectuer un travail scientifique sur la botanique guyanaise.
  • 1763 : La dissolution de la compagnie entraina l’abandon progressif de l’habitation.
  • 1764 : Elle fut de nouveau occupée par des soldats du régiment de Saintoge. Ces militaires étaient arrivés en Guyane pour assurer la sécurité de l’expédition de Kourou.

Rémire sous l’Ancien Régime

Au 18ème siècle, l’économie de Rémire repose essentiellement sur les activités agricoles d’une vingtaine d’habitations.

En dehors de Loyola, il y a trois autres sucreries d’importance  moyenne :

  • celle du vallon de Rémire
  • celle du Mont Joli
  • celle du Mahury

A cette époque, Rémire n’est pas une agglomération mais un quartier et une paroisse, entités territoriales et non urbaines. Toute la vie se concentre sur l’habitation, unité autonome qui peut regrouper plus de cent personnes (dans le cas des sucreries par exemple).

Cayenne est un centre administratif et commercial à peu près désert la plupart du temps.

La fin du premier Rémire

En 1765, la saisie des biens des jésuites va être un véritable bouleversement pour Rémire qui a vécu un siècle dans leur ombre.

Pendant la Révolution, des terres sont abandonnées et beaucoup de familles aristocratiques choisissent l’émigration.

A la fin du 18ème siècle, le bourg de Rémire, dépossédé de son statut paroissial par son rattachement à Cayenne, n’est plus qu’un lieu-dit.

Le XIXème siècle

En 1802, l’esclavage est rétabli et l’économie coloniale reprend lentement. L’essentiel de l’activité se concentre alors sur quelques grandes habitations : Montjoly (élevage), Beauregard et Mondélice (cultures coloniales).

L’habitation Mondélice (Vidal)

Appartenant à la famille Vidal, cette habitation est très représentative du développement de la culture sucrière. Entre 1815 et 1819, plus de soixante hectares de polders destinés à la culture de la canne y sont aménagés.

  • 1822 : Il fait l’acquisition de la première machine à vapeur du pays.
  • 1830 : installation de deux autres moulins à vapeur et un moulin à mules en maçonnerie.
  • 1835 : La crise du sucre due à l’effondrement des cours amorce le déclin de cette sucrerie qui sera finalement foudroyée par l’abolition de l’esclavage en 1848.
  • 1880 : Abandon de cette habitation.

Fortification de Rémire

  • Fin 1830 : Reconstruction des fortifications de Rémire, le Dégrad des Cannes et le Fort Diamant.
  • 1848 : Achèvement du Fort Diamant, encore visible aujourd’hui.

Rémire après l’abolition de l’esclavage

L’abolition de l’esclavage en 1848, allait entrainer la désertion des habitants par les esclaves émancipés. Ces nouveaux libres s’adonnent à des activités artisanales  mais surtout à la petite agriculture vivrière.

  • 1850 : Construction de l’église Immaculée Conception marquant l’emplacement du futur bourg de Rémire.
  • 1867 : Achèvement des travaux d’adduction d’eau, depuis les lacs du Rorota ainsi que le défrichement et l’assainissement des terrains destinés à recevoir les réfugiés de la Montagne Pelée.

Le bagne de Rémire

On installe au fond de l’anse de Montravel, une base de départ pour le pénitencier de l’îlet la Mère. Il sera ouvert en 1852. Les bagnards de Rémire ont été employés à réaliser les aménagements hydrauliques du Rorota ainsi que le défrichement et l’assainissement des terrains destinés à recevoir les réfugiés de la Montagne Pelée.

La création de la commune de Rémire

  • 1879 : Rémire devient une circonscription à part entière avec un maire élu et non désigné par l’administration coloniale. Le premier maire, Jean-Eugène PAJO est élu l’année suivante.
  • 8 septembre 1892 : Pose de la première pierre de la mairie. En souvenir de cet événement, la fête de la commune sera désormais célébrée chaque année à cette date.

Le XXème siècle

La renaissance de l’activité sucrière

Autour des années 1900, l’activité de Rémire est exclusivement agricole. Depuis, la fin du XIXème siècle, la culture de la canne à sucre occupe une place croissante et des distilleries de rhum sont crées.

Les réfugiés de la Martinique

  • 8 mai 1902 : Eruption de la Montagne Pelée.

Aussitôt la nouvelle de cette catastrophe conne en Guyane, un projet d’implanter des familles de sinistrés vit le jour. Un terrain de 94 hectares pris sur le domaine de Montjoly sera aménagé par le gouvernement.

  • 1903 : La communauté des réfugiés martiniquais compte 317 personnes. Cette vocation va se développer jusqu’à nos jours. On assiste à l’abandon progressif des activités agricoles importantes.

L’entre-deux guerre

  • 1914 : Départ de nombreux jeunes de Rémire à la guerre.
  • 1939 : L’orphelinat crée en 1936 à Rémire est transféré à Montjoly.

Après la guerre, la départementalisation oriente la commune vers une fonction résidentielle. Cette vocation va se développer jusqu’à nos jours. On assiste à l’abandon progressif des activités agricoles importantes.

Arrivée de nouvelles populations

  • 1950 : Les Saints-Luciens arrivent pour travailler à la distillerie Prévot ainsi que quelques Javanais installés sur le pourtour du Mahury. Plus tard, Rémire s’enrichit d’apports de populations haïtiennes et brésiliennes.

Vers de nouvelles perspectives

Sur la période 1969 à 2010, l’ancienne Commune agricole du 18ème siècle marquée notamment par la présence des jésuites sur le domaine Loyola,  connait un développement croissant.

Les bourgs de Rémire et Montjoly forment en 1969, la commune de Rémire-Montjoly. Ce trait d’union est un symbole fort pour la municipalité de l’époque qui, non seulement soulignait  ainsi, sa volonté de développer la Ville, mais surtout de l’aménager. Ainsi, sous l’impulsion du Docteur Edmard LAMA, Maire de 1971 à 2007, de nombreux quartiers et lotissements voient le jour. Les Ames Claires, les résidences du domaine de Beauregard..… mais également la zone industrielle autour du Port de Dégrad-des-Cannes, la construction de la nouvelle Mairie au cœur de Ville, la Poste, la Station Guyane 1ère, autant d’infrastructures implantées sur le territoire communal.

Cette dynamique va se poursuivre, avec l’arrivée du Docteur Jean GANTY, Maire de Rémire-Montjoly depuis 2007. Avec son équipe, il œuvre en faveur d’un aménagement harmonieux pour améliorer encore davantage la qualité de vie des habitants.

Cette nouvelle période est marquée par  divers travaux menés tant sur les équipements sportifs au Stade Municipal Dr Edmard Lama, que par la mise en place  d’un parcours sportif en cœur de ville.

L’ouverture du Point Information Tourisme en 2015  souligne l’ambition de la municipalité autour d’une dynamique d’animations culturelles et patrimoniales en faveur du développement touristique à Rémire-Montjoly. Valoriser l’ensemble des patrimoines (naturels, archéologiques, …) situés sur le territoire est l’un des axes

QUELQUES DATES CLÉS A RETENIR

  • 1652 : Fondation d’Armire
  • 1830 : Construction du Fort Diamant
  • 1880 : Jean Eugène PAJO est élu premier Maire de la Commune fondée en 1879
  • 1892 : Pose de la première pierre de l’ancienne mairie de Rémire, le 8 septembre, la fête patronale commémore désormais cet événement.
  • 1902 : Création du bourg de Montjoly après l’arrivée des sinistrés de Saint-Pierre (Martinique)
  • 1969 : La commune porte désormais le nom de Rémire-Montjoly et aménagement du Port de Dégrad des Cannes.
  • 1971 : Edmard LAMA est élu maire fonction qu’il occupera jusqu’en 2007 (36 ans) et création d’un corps de sapeurs pompiers bénévoles
  • 1974 : Achèvement de la construction du Port de Dégrad des Cannes
  • 1983 : Installation de la centrale EDF à Dégrad des Cannes
  • 1984 : Rémire devient un canton autonome distinct de celui de Matoury
  • 1986 : Ouverture du Collège Auguste DÉDÉ
  • 1992 : Ouverture du Lycée polyvalent Léon Gontran Damas, premier lycée de la commune et inauguration de l’hôtel de ville, matérialisant le nouveau centre de la commune ainsi que l’ouverture de la cuisine centrale de Rémire-Montjoly
  • 1996 : Création du Parc d’Activités Economique de Dégrad des Cannes
  • 1997 : Implantation du Centre Pénitentiaire et application des rythmes  de vie de l’enfant dans les écoles de Rémire-Montjoly
  • 2003 : Ouverture du 2ème collège de Rémire « Réeberg NERON »
  • 2005 : Jumelage de la ville de Rémire-Montjoly et la commune de Bessines-sur-Gartempe (Haute Vienne)
  • 2007 : Décès du Dr Edmard LAMA, Maire de Rémire-Montjoly (en exercice)
  • 2008 : Election du Dr Jean GANTY, Maire (2008 à ce jour)
  • 2009 : Rémire-Montjoly est sur la toile : www.remire-montjoly.fr
  • 2012 : Inauguration du Boulevard Dr Edmard LAMA
  • 2014 : Inauguration du Point Information Tourisme de Rémire-Montjoly
  • 2015 : Inauguration de la nouvelle caserne des sapeurs-pompiers de Rémire-Montjoly
  • 2016 : Ouverture de la voie de liaison Tigre – Parc Lindor et inauguration du Parcours Sportif et de Santé de Rémire-Montjoly ainsi que la nouvelle dénomination de la Piscine Municipale « Michel NERON »
  • 2017 : Inauguration de la 1ère tranche du Cimetière Paysager (Poncel Papagaie) et inauguration des installations annexes du Stade Municipal Dr Edmard LAMA ainsi que l’inauguration du square « Arc-en-Ciel »
  • 2018 : Inauguration de l’espace culturel Joseph HO TEN YOU

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